L'UFC-Que choisir épingle le crédit revolving

publié le 20 nov. 2009 à 05:58 par A Scanff

Les distributeurs de crédit en France orientent «massivement» les consommateurs vers le «crédit revolving», sans prendre en compte leurs besoins réels, alors que ce crédit est difficilement remboursable, dénonce une enquête de l'UFC-Que choisir.

L'association de consommateurs a réalisé une enquête sur la distribution de crédit à la consommation. Menée par 73 associations locales de l'UFC-Que choisir, en janvier et février, son objectif était d'examiner vers quelle forme de crédit les distributeurs orientaient les consommateurs souhaitant emprunter 2.500 euros pour remplacer leur électroménager. Disposant de 3.000 euros de revenus, avec un crédit immobilier en cours et un crédit automobile de 800 euros, les différents enquêteurs se sont mis dans la peau d'un ménage et sont allés voir les banques, les lieux de vente (grandes surfaces, magasins etc.) et les établissements de crédit spécialisés (Cofidis, Cetelem, Cofinoga etc.). Les résultats de l'enquête sont «accablants», selon Alain Bazot, le président de l'association de consommateurs. «Les établissements mettent le crédit revolving sur la tempe du consommateur» martèle-t-il. En effet, dans 72% des cas, les distributeurs ont orienté le consommateur vers le crédit revolving alors que ce crédit n'était pas du tout adapté au besoin d'un ménage désirant financer l'achat d'un bien. Dans ce cas, il aurait fallu proposer «un crédit affecté» a souligné Alain Bazot.

Des taux compris entre 16 et 22%

Le crédit revolving consiste à mettre à la disposition du consommateur une somme d'argent sur un compte particulier de façon permanente, qui peut être utilisée aux dates et au choix du client et réutilisable au fur et à mesure des remboursements en capital. Les taux d'intérêt sont très élevés et varient entre 16 et 22%. En réalité, les consommateurs vont rembourser des petites mensualités sans se rendre compte qu'au final, ils ne remboursent pas le capital. L'enquête révêle en outre que dans 82% des cas, les distributeurs n'ont pas donné une information claire et précise sur le taux appliqué ni sur les mensualités du crédit. Pire, 87% des distributeurs n'ont même pas vérifié la solvabilité de l'emprunteur, ni même prêté attention au projet du consommateur.

Six crédits revolving par dossier de surendettement

«Les distributeurs mettent une grenade dégoupillée dans les mains du consommateur, avertit Alain Bazot. Le montant mis à disposition, qui est souvent une réserve d'argent, est souvent supérieur aux besoins exprimés par le client». Et les crédits revolving sont souvent souscrits par les ménages aux revenus les plus faibles. Avec comme conséquence, le surendettement. «Dans 84% des cas de surendettement, il y a des crédits revolving et en moyenne on trouve six crédits revolving par dossier», rappelle Alain Bazot.

L'enquête sera présentée lundi à la ministre de l'Economie Christine Lagarde lors d'une réunion de concertation, dans le cadre de l'élaboration d'un texte de loi visant à encadrer les pratiques du crédit à la consommation. L'UFC-Que choisir a ainsi formulé une série de propositions pour responsabiliser la distribution des crédits dont l'interdiction du crédit revolving sur les lieux de vente, l'interdiction d'associer une réserve d'argent avec une carte de fidélité ou de paiement ou encore l'obligation pour le distributeur de vérifier la solvabilité de l'emprunteur avant de lui proposer un crédit adapté.

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